Comment courir un marathon
quand on est asthmatique
Asthmatique depuis l'enfance, j'ai couru le marathon de Paris en 3h15. Voici ce que j'ai appris en 33 ans de sport avec l'asthme — et pourquoi cette "limite" est devenue ma plus grande force.
On me l'a dit mille fois. À 6 ans, quand je toussais après l'entraînement de football. À 15 ans, quand je passais les sélections pour l'équipe de France. À 25 ans, quand j'annonçais que j'allais préparer un marathon. "Tu es asthmatique. Tu devrais faire attention."
Aujourd'hui, à 37 ans, je cours le marathon de Paris en 3h15. Je m'entraîne quasiment 7 jours sur 7. Je prépare l'ascension du Mont-Blanc. Et je suis toujours asthmatique.
Ce n'est pas un article sur la façon de "vaincre" l'asthme. C'est un article sur la façon de l'intégrer, de le comprendre, et d'en faire — paradoxalement — un avantage. Parce que c'est ce que l'asthme m'a appris : les limites sont presque toujours dans la tête avant d'être dans le corps.
Ce que personne ne vous dit sur l'asthme et le sport
L'asthme d'effort n'est pas une contre-indication au sport. C'est une contrainte à gérer. Nuance fondamentale. Des centaines d'athlètes de haut niveau sont asthmatiques — natation, cyclisme, athlétisme. Ce qui les différencie, ce n'est pas l'absence d'asthme. C'est leur capacité à travailler avec.
Le problème, c'est que la plupart des médecins — aussi bienveillants soient-ils — ont un réflexe de précaution. Ce sont de bons conseils. Mais ils ne vous apprennent pas à courir un marathon. Pour ça, il faut comprendre les mécanismes, tester, ajuster, et construire une relation différente avec votre corps.
"L'asthme ne m'a pas ralenti. Il m'a appris à écouter mon corps mieux que n'importe quel autre athlète que je connaisse."
— Vincent Pedraza, coach sportif & préparateur mental Paris
Mon protocole — ce qui fonctionne pour moi
1. L'échauffement est sacré
Avec l'asthme d'effort, les 10 à 15 premières minutes sont les plus critiques. C'est là que les bronches se contractent. Un échauffement progressif de 20 minutes minimum — marche rapide, trot léger, accélération progressive — permet au système respiratoire de s'adapter avant l'effort réel. Je ne saute jamais cette étape. Jamais.
2. La respiration nasale
Respirer par le nez filtre, humidifie et réchauffe l'air avant qu'il n'arrive dans les bronches. C'est particulièrement important par temps froid ou sec. J'ai passé des mois à m'entraîner à courir uniquement par le nez — au début, je devais ralentir considérablement. Aujourd'hui, c'est un automatisme.
3. Surveiller les conditions environnementales
Froid sec, pollution élevée, pic de pollen — trois conditions qui aggravent les symptômes. Je consulte la qualité de l'air avant chaque sortie longue. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est de l'intelligence. Un athlète qui ignore ses contraintes ne les surmonte pas — il s'y écrase.
4. Ne pas négliger la médecine
Je fais un bilan cardiologique tous les deux ans — un test d'effort avec un cardiologue pour vérifier que tout est dans les clous. Pas plus, pas moins. C'est suffisant et c'est rassurant. Le sport et la médecine ne sont pas opposés — ils sont complémentaires. Si vous êtes asthmatique et que vous voulez performer, un bilan cardiologique régulier est la base minimum.
Ce que l'asthme m'a appris sur la performance
- →Écouter son corps n'est pas une faiblesse — c'est une compétence rare que la plupart des athlètes n'ont jamais développée
- →Les contraintes forcent la créativité — j'ai développé une technique de respiration que je transmets à tous mes clients
- →La régularité bat l'intensité — mieux vaut s'entraîner 5 jours à 80% que 2 jours à 100% avec une crise le lendemain
- →Le mental est le premier muscle — quand le corps dit "stop", c'est souvent la tête qui parle
- →Chaque contrainte bien gérée devient un avantage concurrentiel sur le long terme
Préparer un marathon avec l'asthme : les grandes lignes
Je ne vais pas vous donner un plan d'entraînement générique. Chaque asthme est différent, chaque corps est différent. Mais voici les principes qui structurent ma propre préparation marathon.
La progressivité avant tout. Pas de sortie longue de 30km dès le deuxième mois. Le volume kilométrique augmente de 10% maximum par semaine. Le corps — et les poumons — ont besoin de temps pour s'adapter.
Le travail fractionné avec précaution. Le fractionné est excellent pour développer la capacité aérobie. Mais il est aussi le plus susceptible de déclencher une crise. Je l'intègre progressivement, toujours après un échauffement long, jamais par temps froid.
La récupération comme entraînement à part entière. Bain froid, sauna, sommeil — ma récupération est aussi structurée que mes entraînements. Un corps bien récupéré est un corps qui répond mieux au stress de l'effort.
La gestion du jour J. Pour le marathon, j'arrive sur la ligne de départ avec mon protocole respiratoire en tête, mon traitement pris au bon moment, et une stratégie d'allure conservative les 10 premiers kilomètres. Pas d'ego. Pas de départ trop rapide. La course se gagne après le 30e kilomètre.
"Courir un marathon avec l'asthme, c'est possible. Mais ça demande plus de préparation, plus d'intelligence, et paradoxalement — plus de conscience de soi."
— Vincent Pedraza
Ce que je transmets à mes clients asthmatiques
Au fil de mes 14 ans de coaching sportif à Paris, j'ai accompagné plusieurs clients asthmatiques — certains qui n'avaient jamais couru 5km, d'autres qui visaient le semi-marathon. Dans tous les cas, le travail commence par le même endroit : changer le rapport à la limite.
L'asthme n'est pas une identité. Ce n'est pas "je suis asthmatique donc je ne peux pas." C'est "j'ai de l'asthme et voici comment je construis ma performance autour de ça." Cette nuance change tout.
Si vous êtes asthmatique et que vous avez envie de courir — un 10km, un semi, un marathon — je serais ravi d'en parler. Pas pour vous promettre que ce sera facile. Mais pour vous montrer que c'est possible. Je l'ai fait. D'autres l'ont fait avec mon accompagnement de préparateur mental à Paris. Vous pouvez le faire aussi.
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Vincent Pedraza
Coach sportif · Préparateur mental · Paris
Asthmatique depuis l'enfance, végétarien depuis 2017, athlète hybride depuis toujours. 14 ans de coaching à Paris, 9 certifications, marathon en 3h15. Je transmets ce que je vis — pas ce que j'ai lu.